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Le trullo : le mot trullo provient du mot grec trullos qui signifie coupole, tandis que, dans l'Altosalento et dans toute la Murgia, pour désigner ces constructions en pierres sèches, on disait tout simplement « casedda », ce qui signifie « maisonnette ». Pour bien comprendre, il s'agit d'un habitat rural, modeste et confortable, construit par des paysans. Dans leur infinie sagesse, ces derniers utilisèrent la plus abondante des matières premières de leur territoire : le calcaire. Depuis 1996, l'UNESCO a classé les trulli au patrimoine mondial de l'Humanité. Origine : Certains n'hésitent pas à faire remonter l'origine des trulli à 1500 a.c. A cette époque, selon l'acception gréco-classique, le tholos indiquait un couvrement posé sur une tombe, connue sous le nom de Trésor d'Atrée. D'autres, en revanche, citent le terme gréco-byzantin torullos, qui désignait la salle à coupole du palais impérial de Constantinople. Enfin, le vocable latin « turris » et ses dérivés « turulla, trulla, trullum » fait référence à la tour. Les trulli sont le premier exemple d'habitation isolante connu. Chauds l'été et froids l'hiver. Tant les murs que le cône de couverture sont montés à sec, sans cintre ni mortier sauf pour les claveaux. Ainsi, entre une assise de pierre et l'autre se forme un coussin d'air qui absorbe les variations thermiques et maintient une température constante. Le cône de couverture d'un trullo est construit sans coffrage. On utilise uniquement des lauses que l'on superpose en anneaux de plus en plus étroits jusqu'à l'entonnoir. Les maçons-tailleurs de pierre firent en sorte que les trulli soient des habitations auto-suffisantes pour les hommes et les animaux. Ils consistaient le plus souvent en une seule pièce, de trente mètres carrés, divisée en sous-ensembles qui abritaient foyer, puits, fenil, grenier et local de transformation. Certaines poutres apparentes, encore visibles dans les trulli actuels n'avaient pas de fonction structurale mais servaient à suspendre les victuailles et autres provisions, pour leur séchage et leur préservation. La présumée passivité de la structure des trulli a la propriété de dissiper l'énergie sismique, même en cas de tremblements de terre de forte magnitude. Dans une relation de 1897, il est question d'un cyclone qui balaya tout sur son passage, à l'exception des trulli qui ne subirent aucun dommage. Entre histoire et légende : On a beaucoup dit que les trulli servaient à échapper à l'impôt sur le foncier bâti. Plusieurs théories circulent à ce sujet. L'une d'entre elles atteste que les trulli étaient utilisés pour prévenir de l'arrivée de contrôleurs éventuels au moyen de signaux de fumée. En pareil cas, les trulli étaient littéralement découverts, pour être remis en l'état une fois le danger écarté. Un dicton populaire veut que lors de l'approche du seigneur qui exigeait des vilains le paiement de la taille d'occupation, ancêtre de la taxe foncière, il suffisait à ces derniers de retirer une seule pierre du trullo pour qu'il s'écroule, réduisant l'habitation à un vulgaire tas de pierres. La Vallée d'Itria : C'est dans la Vallée d'Itria que l'on trouve le plus grand nombre de trulli. C'est à Alberobello (BA), que la concentration de trulli est la plus importante à l'échelon régional. C'est ce qui vaut à la ville son surnom de "capitale des trulli". Ces constructions sont également très nombreuses encore dans les campagnes environnantes de Locorotondo (BA), Martina Franca (TA), Cisternino, Ostuni, Fasano et Ceglie Messapica (BR). On en trouve aussi dans la partie septentrionale du promontoire de la Murgia, à proximité de Monopoli et de Polignano a Mare (Bari). D'autres trulli, plus proches de la mer et tournés vers d'autres usages, possèdent de singulières particularités architecturales. Au nord de Bari, dans la Murgia Nord-Occidentale, on peut recenser de multiples trulli. Ceux-ci étaient surtout utilisés par les bergers comme des abris temporaires. Certains sont particulièrement coquets, d'autres en revanche sont plus rudimentaires. D'autres encore, d'un type différent, dénommés "pajare" sont particulièrement nombreux sur les communes de Lizzano, Torricella, Sava et dans tout le Salento.
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